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Les medias et la société civile débattent de leur rôle dans le processus démocratique PDF Print E-mail

Abidjan, le 15 janvier 2009... Les organisations de medias et de la société civile ivoirienne ont participé, mercredi 14 janvier, à un panel organisé par l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), dans le but d’impulser une meilleure synergie entre eux par le dialogue. Les débats, qui se sont déroulés au siège de l’Opération à Abidjan ont permis aux deux parties de discuter de leur rôle respectif ainsi que la complémentarité qui doit exister entre elles dans le cadre de leur contribution au processus de démocratisation dans le pays.

Le panel, dont le thème était « Le rôle des medias et de la société civile dans le processus démocratique » a été lancé par un exposé de Quinn Derek, Expert Consultant en media de l’ONUCI. M. Quinn a souligné que les medias doivent faire entendre la voix de la collectivité et jouer un rôle de garde-fou afin de contribuer positivement à la politique nationale. Il a ajouté que ce rôle était complémentaire de celui que doit jouer la société civile.

L’ambassadeur de Norvège à Abidjan, Mme Merete Lundemo a indiqué qu’une synergie d’action entre les medias et la société civile permettait d’avoir une coalition efficace pour la démocratie. Mme Lundemo a cité des exemples d’actions menées dans son pays par la société civile et les medias et qui ont abouti à des résultats positifs. Elle a cité notamment l’exemple de la création par le gouvernement norvégien de foyers pour les femmes battues, suite aux pressions de la société civile, relayées par les medias. « Une société démocratique est avant tout une société en évolution ou la société civile, les medias et le gouvernement coopèrent et se confrontent », a-t-elle indiqué.

Le président du Groupement des éditeurs de presse de Côte d’Ivoire (GEPCI), Denis Kah Zion a salué la tenue du panel et indiqué que les medias ivoirien ne jouissaient pas d’une indépendance économique suffisante pour mener à bien leur mission. Il a attiré l’attention sur le manque d’intérêt pour régler les problèmes économiques rencontrés par les medias, ajoutant que leur rôle était primordial dans le succès du processus de paix en Côte d’Ivoire.

Le Directeur adjoint de la Division des droits de l’homme de l’ONUCI, Guillaume Ngefa, a mis en exergue le rôle joué par les medias et la société civile ivoirienne, en tant que catalyseurs de grands mouvements de démocratisation.

Les quatre interventions ont suscité une série de réactions aussi bien au sein de la société civile que des organisations de media.

Le président du syndicat national des agents de la presse privée en Côte d’ivoire (SYNAPPCI), Guillaume Gbato, a déclaré que la surveillance du travail des medias, n’était pas le problème. Il a soutenu, comme M. Zion, que le vrai problème résidait dans les promesses financières à la presse qui restent non tenues.

En revanche, des membres de la société civile ont estimé que les medias ivoiriens étaient victimes de leur penchant alimentaire. D’autres ont insisté sur l’inaccessibilité et le manque d’équilibre dans les medias d’Etat, notamment, la télévision ivoirienne.

Les organisations de medias ont battus en brèche toutes ces critiques estimant qu’elles étaient victimes de faux procès et d’inquisition sans fondement.

Apportant une voie officielle au débat, Mme Bernice Nguessan, Conseiller technique au Ministère de la Communication a précisé que l’Etat ivoirien avait fait des efforts à l’endroit des medias, notamment, en améliorant le cadre juridique. Elle a assuré les journalistes de ce que le fonds d’aide à la presse allait fonctionner lorsqu’un directeur aura été trouvé. Elle a invité la presse à faire un travail de qualité pour améliorer ses profits.

Dans une démarche conciliante plusieurs acteurs de la société civile et de la presse ont prôné une plus grande convergence d’action. Certains ont appelé à une solidarité entre media et société civile en raison de leur complémentarité. D’autres ont estimé que l’ONU devrait multiplier les initiatives pour favoriser la synergie d’action entre la société civile et les medias.

La Directrice du Bureau de l’Information Publique de l’ONUCI, Mme Margherita Amodeo, a salué le caractère constructif du débat, indiquant que c’étaient un bon départ pour mettre en place une coopération. Elle a déclaré qu’une synergie d’action entre les medias et la société civile nécessitait une bonne compréhension du rôle de chacun, ajoutant que le rôle de sentinelle des medias et de dénonciateur de la société civile était indispensable à l’instauration d’un système de bonne gouvernance et de démocratie. Elle a rappelé que les séminaires organisés par l’ONUCI sur le journalisme responsable et sur la culture de la paix visaient à contribuer à cet objectif.

Le caractère houleux des débats montre que chacun avait des choses à dire et cela est nécessaire pour mieux se comprendre et lancer les bases d’une coopération durable, a commenté Derek Quinn.

Le panel a été organisé par la Bureau de l’Information Publique de l’ONUCI dans le cadre de ses activités périodiques avec la société civile pour promouvoir la paix et renforcer la cohésion sociale en Côte d’Ivoire. Il visait aussi à favoriser des échanges en vue d’actions conjointes entre les medias et la société civile.